Grippe aviaire

jeunes canards au paturageL'épidémie de grippe aviaire qui a touché la production industrielle de volailles dans le grand Sud-Ouest aura peu d'impact direct sur notre élevage. Les mesures de vide sanitaire mises en place par les pouvoirs publics correspondent à notre coupure saisonnière annuelle des trois mois les plus chauds. Nous devrions donc pouvoir répondre à la demande de nos produits pour les fêtes de fin d'année.

 Pour l'épidémie elle-même, peu de crainte au vu de notre mode d'élevage en petites bandes en extérieur.

Il est aujourd'hui bien connu des spécialistes que les souches très virulentes de grippe aviaire ne naissent et ne prolifèrent que dans les élevages qui présentent de fortes concentrations d'animaux. Couplées à des souches génétiquement appauvries et à la promiscuité d'une conduite en bâtiment, elles constituent de véritables bombes sanitaires qui explosent de temps en temps, ici ou là.

Les oiseaux sauvages et les petits élevages familiaux s'ils sont touchés ne sont que des dégâts collatéraux. Des études ont montré que des oiseaux vivant au grand air sont souvent porteurs de souches de grippe aviaire peu virulentes qui les affectent peu. Les souches hautement pathogènes ne peuvent se développer sur de telles populations car elles tuent trop vite leur hôte, avant qu'il ait pu les transmettre.

transport de volailles et dissémination de plumes et de fientesLe danger pour des élevages comme les nôtres vient soit de la proximité d'un élevage industriel atteint, soit surtout de la propagation par les transports d'animaux vivants. Et ces transports se multiplient ces dernières années du fait de la spécialisation et de la concentration des ateliers. Quand l'on voit ces camions qui dispersent tout au long de leurs trajets des duvets et des déjections en aérosols, comment s'étonner qu'en début d'année, 60% des élevages industriels de canards étaient porteurs sains de la maladie?

Heureusement notre fond de vallée, entourée de bois, nous isole des élevages industriels et des routes fréquentées par ces camions. Il n'y a pas non plus de camion d'aliment, de techniciens ou de vétérinaires qui viennent et qui pourraient transporter la maladie.

Pas d'inquiétude donc à ce niveau. Par contre les mesures de "bio-sécurité" mises en place à cette occasion risquent de nous poser de gros problèmes.

Il faut ici saluer l'efficacité du lobbying industriel : en instaurant comme principe la "bande unique" (une seule espèce d'animaux du même age par unité de production), la règlementation va obliger tout le monde à adopter leur mode de fonctionnement (spécialisation dans de grosses unités) qui est justement à l'origine de ces crises sanitaires!!!

Faut-il en rire ou en pleurer?

Pour notre part, nous continuerons sur notre voie qui est la plus solide sanitairement, quitte à se retrouver hors la loi.