Fabrique d'aliment - Les installations

 

image sets Le stockage des récoltes et la fabrique d'aliment sont installées dans le nouveau hangar de la ferme.

 

Trois cellules permettent de stocker le maïs, le triticale-féverole et le tourteau de soja. Pour les 2 premières, ce sont des cellules en tôle galvanisée, équipées d'un fond conique et d'un plancher perforé pour pouvoir ventiler les graines. Cela permet de finir éventuellement de les sécher et de les refroidir, gage d'une bonne conservation, les insectes n'attaquant pas des grains secs et froids. La troisième est un ancien silo d'aliment externe abandonné qui nous a été offert. Nous l'avons rénové, raccourci les pieds et monté à l'intérieur pour y stocker le tourteau de soja.  D'une contenance de 15 tonnes elle est largement surdimensionnée pour les 7 à 8 tonnes de tourteau que nous y chargeons 2 fois par an.

Ces cellules sont chacune équipées d'une vis sans fin pour charger l'ingrédient dans la cellule de pesage.   image sets

La fabrique d'aliment a été acquise d'occasion en 1991 à un éleveur de porc qui arrêtait son activité. Elle n'est donc plus toute jeune, mais elle est de fabrication robuste et utilise des techniques simples et fiables. Elle permet de fabriquer d'un coup une tonne d'aliment et est composée de trois éléments :

  • Une cellule de pesage : à base conique, elle est posée sur une balance romaine : des poids permettent de charger les ingrédients les uns après les autres. Pour un poids de 1 kg, il rentre 100 kg dans la cellule. Ex : on veut mettre 400 kg de maïs. On met deux poids de 2 kg, puis on allume la vis de la cellule à maïs. Lorsque les 400 kg sont chargés, le balancier remonte et actionne un interrupteur qui coupe la vis en fonctionnement. On procède de la même manière pour les autres ingrédients en rajoutant des poids supplémentaires. Ce système est certes rustique et d'une précision relative à côté des systèmes de pesée électroniques actuels qui chargent automatiquement les ingrédients en fonction d'un programme. Mais il ne tombe jamais en panne, ce qui n'est pas forcément le cas des systèmes électroniques (gare aux orages!).

  • Un lamineur : c'est lui qui conditionne le grain pour le rendre plus digeste. Il remplace le broyeur d'origine composé de marteaux tournant à grande vitesse et d'une turbine qui aspirait le grain dans la cellule de pesage et le soufflait après broyage dans le mélangeur.  Ce système n'était pas satisfaisant car il fallait utiliser une grille à petits trous pour ne pas laisser passer des grains entiers de triticale ce qui donnait une mouture trop fine, avec beaucoup de farine. Le lamineur de marque CEF que nous avons installé est fabriqué  par une petite entreprise de l'Isère.  image sets Il utilise un procédé original par rapport aux lamineurs classiques constitués de 2 gros rouleaux très fortement comprimés l'un contre l'autre pour que les graines passant entre soient complètement aplaties. Là, le grain est introduit à l'intérieur d'une grande roue creuse en acier et tombe sur une roue plus petite plaquée sur le fond de la première. La rotation de la roue creuse entraîne l'intérieure et le grain passe entre les deux en étant aplatit sur une distance beaucoup plus grande que dans un lamineur classique. Les graines de féverole (grandes et rondes) qui ont tendance à s'échapper devant les rouleaux d'aplatisseurs sont ici happées facilement et aplaties comme des crêpes.image sets Par contre, le problème posé par la mise en place du lamineur, c'est qu'il n'y a plus de système d'aspiration-soufflerie du grain. Il a donc été installé sur le mélangeur, au-dessus d'une ouverture pour que l'aliment tombe par gravité à l'intérieur. Une vis sans fin le ré-alimente régulièrement depuis la cellule de pesage.

 

  • Un mélangeur horizontal : cela fonctionne un peu comme une bétonnière : un gros arbre horizontal est installé à l'intérieur d'une cuve à base cylindrique. Cet arbre est équipé de pales hélicoïdales et tourne lentement, ce qui brasse et mélange toute l'aliment présent. Le mélange de l'aliment après laminage peut poser problème : le grain laminé est entier, mais au fur et à mesure qu'il est brassé, il se délite en morceaux de plus en plus fin. Cela est utile pour les petits canards pour qui il ne faut pas des morceaux trop gros. Pour les grands, par contre, l'idéal serait de garder les grains entiers : le temps de mélange doit être le plus court possible.

L'installation de l'aplatisseur a nécessité la mise en place d'un programmateur couplé à deux détecteurs électroniques : un à la base de la trémie de l'aplatisseur met la vis de chargement en route quand cette trémie est vide, pendant un temps commandé par une minuterie programmable de manière à la remplir. En même temps il active un bref instant le mélangeur, de manière à étaler l'aliment à l'intérieur. Le second est lui posé à la base de la cellule de pesage et permet d'arrêter l'installation quand tout le grain est passé.