Bien-être animal - Arguments des 'antis'

 

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Si globalement nous respectons énormément le travail fait par les associations de défense des animaux pour dénoncer les aberrations auxquelles mènent l'industrialisation des élevages, le manque de pertinence d'une partie de leurs argumentaires nous navrent.
Ainsi, concernant le gavage, voici ceux qui nous paraissent devoir être reconsidérés :

 

  • La focalisation, avec force photos, sur "ce tube enfoncé dans la gorge des malheureux volatiles" est significatif d'une tendance fréquente à transposer aux animaux nos sensations et notre physiologie : en fait, les canards n'ont pas de gorge : derrière la langue, il y a tout simplement un espèce de sac qui s'appelle le jabot et dans lequel les oiseaux (qui n'ont pas de dent) stockent les aliments qu'ils avalent entiers.image sets Et d'ailleurs, ils peuvent souvent les régurgiter tout aussi facilement pour nourrir leurs petits. Faire avaler le tube de gavage n'est donc absolument pas douloureux, à condition bien sur de le faire doucement et que l'extrémité du tube soit bien arrondie.

  • "Le gavage rend les animaux malades et c'est des bêtes quasiment mourrantes qui sont abattues". Un canard gavé trop fort et qui attrape une crise de foie ne donnera pas de bons produits et son foie sera déclassé. De même un canard gavé trop longtemps aura un trop gros foie qui fondra à la cuisson. L'éleveur n'a donc aucun intérêt à rendre ses bêtes malades. Mais suivant ses aptitudes (son sens "animalier"), ses installations et le nombre de canard à gaver, il y parviendra plus ou moins bien. Il peut y avoir de trés grandes différences d'un gaveur à l'autre sur la mortalité et la qualité des produits obtenus.

  • "Le gavage provoque une stéatose hépatique, maladie irréversible". Les palmipèdes ont la faculté de synthétiser et de stocker des graisses au niveau du foie. Cela leur vient de leurs ancètres sauvages qui se faisaient ainsi des réserves avant les grandes migrations. Quand on gave les canards, on utilise cette faculté qu'on pousse bien sûr au-delà d'une alimentation naturelle, mais sans dépasser le niveau où l'on rendrait l'animal malade. Si nous relachions dehors un de nos canards en fin de gavage, il se contenterait simplement de vivre sur ces réserves quelques temps et le foie fondrait progressivement pour revenir à sa taille d'origine.

  • "Le foie hypertrophié comprime les sacs pulmonaires, rendant sa respiration difficile et le faisant haleter." En fait le halètement n'est pas lié à la déformation du corps provoqué par le gavage. Certes le poids du canard augmente de 50% entrainant de nouvelles postures tout à fait comparables à celles d'une femme enceinte. Le halètement est lui provoqué par la nécessité d'évacuer la chaleur interne : les canards, lorsque la température augmente, commencent à haleter, même en début de gavage ou lorsqu'ils sont à l'extérieur. Le duvet de canard, très isolant, et la couche de graisse sous-cutanée qui se développe au cours du gavage freinent considérablement la dissipation des calories libérées par la digestion du maïs : le canard ne peut pas transpirer comme nous pour réguler sa température intérieure et le halètement est le seul moyen qu'il ait d'évacuer cette chaleur.

 


Ce problème d'évacuation de la chaleur est la première cause de souffrance des canards en gavage. C'est pour cela que traditionnellement le gavage se pratiquait en hiver et que le foie gras était consommé lors des fêtes de fin d'année, puisque c'était la seule saison où il y en avait.