Bien-être animal - Arguments des 'pros'

Pour les représentants de la profession, qui en fait représentent uniquement les intérêts de la production industrielle, tout les moyens sont bons pour endormir les réticences et reculer au maximum la mise en places des préconisations de Bruxelles pour améliorer les conditions de gavage.

Quelques uns de leurs faux arguments :

  • "Les canards et les oies aiment se faire gaver, la preuve : certains viennent tout seul vers le gaveur". Nous n'avons jamais vu un tel comportement qui pourrait certes exister, mais uniquement pour des animaux trés familiers. En fait, les canards, même pour l'éleveur qu'ils côtoient tous les jours, gardent une certaine distance et ne se laissent pas toucher. Les 3 premiers jours de gavage sont d'ailleurs les plus agités, le temps que les bêtes s'habituent à la manipulation par le gaveur. Quand aux "études scientifiques" censées le prouver, leur examen par un éleveur démonte vite la supercherie : les doses de gavage lors de ces essais étaient inférieures à la consommation naturelle d'un canard. En clair les canards avaient faim : comment s'étonner qu'ils aillent tout seul à l'endroit où on leur donne à manger ?

  • "Le gavage ne dure que 12 à 15 jours et nous travaillons à réduire cette durée". A notre échelle de temps, c'est effectivement court, mais pour un canard qui entre en gavage à 11 semaines comme cela est courant dans l'industrie, cela représente 15% de son existence. Autre omission : les essais pour raccourcir cette durée n'ont rien à voir avec le souci de bien être animal. C'est uniquement pour que, chaque bande durant moins longtemps, l'éleveur en gave plus et que le coût de production baisse. En fait un gavage court est un gavage brutal puisqu'il faut moins de temps pour faire le même foie : on a donc beaucoup plus de chance de trop forcer le canard.Cela n'est donc en aucune manière une bonne piste pour améliorer les conditions de vie des canards en gavage

  • Canards "heureux" en cages"Les canards sont plus heureux en cage car on a mesuré moins de stress lors du gavage". Ce qui a été mesuré sont des émotions vives. Des canards en parcs qui doivent être attrapés pour être gavés manifeste une telle émotion les 1ers jours car ils ne sont pas habitués à être manipulés. En cage, les canards ne pouvant pas bouger, le réflexe de fuite ne peut avoir lieu. Mais les conditions de vie dans ces petites cages sont effroyables : elles sont conçues de manière qu'un canard de petite taille en début de gavage ne puisse se retourner. Sachant qu'en fin de gavage son poids aura augmenté de 50%, on imagine comment un gros canard se retrouve comprimé dans cette boite étroite. Et le fait de ne pas pouvoir battre des ailes fragilisent les os qui cassent comme du verre lorsqu'on les sort en fin de gavage. Enfin, la chaleur qui constitue le problème principal en gavage, est encore plus difficile à évacuer avec ce dispositif.