Céréales et protéagineux - Le maïs

 

image sets C'est une culture importante sur la ferme, car elle est à la base de l'alimentation en céréales des canards, surtout lors du gavage où elle constitue le plat unique.
Le maïs, importé d'Amérique par les marins basques lors de sa découverte, est implanté ici depuis cette époque et s'y est bien acclimaté. Des variétés locales furent sélectionnées dont le "Grand Roux Basque" en voie de réhabilitation.


Aujourd'hui, le maïs traine une image de culture industrielle qui ne peut prospérer qu'a force d'engrais, de pesticides et d'irrigation. Et c'est malheureusement une quasi généralité car la plupart des paysans s'obstinent à la cultiver en monoculture et souvent sur des terres où elle n'aurait rien à faire.

Sur notre ferme également, la monoculture a longtemps été la règle. Associée à des labours profonds sur des terres encore humide au printemps, des récoltes tardives avec de lourdes moissonneuses et des remorques défonçant les sols, elle a abouti à une impasse. La terre, de plus en plus dure à travailler, se prenant en masse à la moindre pluie ne donnait que des récoltes chaque fois plus maigres malgré des doses d'engrais croissantes.

Le déclic a été l'implantation d'un peu de maïs dans les parcs à canards pour leur faire de l'ombre. Dans ces vieilles prairies, la terre grumeleuse donna une énorme récolte, sans le moidre engrais et la complémentarité avec les canards devint vite évidente.
Depuis, la charrue a définitivement été remisée : aujourd'hui, nous n'utilisons plus qu'un "fissurateur", le Cultivie de Durou.
image sets Cet appareil soulève la terre et la fissure sans la retourner ce qui permet de conserver toute la matière organique et donc l'humus en surface. Les dents doubles qui passent tous les 72 cm ne perturbent pas trop la vie du sol, et tout particulièrement les vers de terre dont le nombre est en forte augmentation. Le fond de travail ne représente pas un horizon continu comme le fait la charrue et les racines qui descendent passent progressivement des zones travaillées au sous-sol avec pour résultat un bien meilleur enracinement en profondeur et une meilleure résistance à la sècheresse.
image sets Bien sur, comme tout outil, celui-ci doit être utilisé quand la terre est en bonnes conditions d'humidité, ce qui est difficile à trouver dans nos printemps pluvieux. Nous essayons donc de passer le Durou l'été précédent, avant l'implantation de l'engrais vert. Celui-ci permet de conserver et même de bonifier l'amélioration structurale : l'implantation du maïs au printemps se contente de préparations superficielles. Nous n'utilisons pas d'outils animés pour ces préparations, outils trop violents auxquels nous préférons un outil à dents vibrantes "maison" et un pulvériseur à disques. Les semis sont faits avec un semoir de type "américain", en co-propriété avec un cousin, qui permet de passer même en présence de résidus végétaux importants.

Autre changement important, la mise en place de rotations qui permettent par la succession de diverses espèces, d'été et d'hiver, de casser le cycle des parasites, de faciliter la lutte contre les mauvaises herbes, de jouer sur les synergies entre plantes.

La signature d'un CTE (contrat territorial d'exploitation) en  2002  nous a permis de mettre en place le désherbage mécanique du maïs, en investissant dans deux appareils :image sets

  • une herse étrille de 6 m qui permet d'intervenir juste aprés le semis, lorsque les mauvaises herbes sont en train de lever et avant que le germe des maïs n'approchent de la surface du sol : ce passage à 2-3 cm de profondeur décollent les graines en germination et, s'il fait beau les jours suivant, les détruit par séchage de cette terre remuée. Bien réalisée, cette intervention est primordiale en permettant au maïs de prendre de l'avance sur les mauvaises herbes levant ensuite. Un second passage avec cet outil peut être fait lorsque le maïs atteint 3/4 feuilles pour détruire les jeunes adventices, mais, depuis quelques années, nous lui préférons la houe rotative de 1 feuille à 4/5 feuilles.
  • une bineuse d'occasion, à monter à l'avant du tracteur. image sets Depuis 2005, cette bineuse a été bricolée pour être installée entre les roues du tracteur de manière à éviter la trop grande sensibilité aux coups de volant et une meilleure tenue en dévers. 2 passages sont effectués : le premier à 4/5 feuilles avec des lames écartant la terre du rang, puis un second  à 7/8 feuilles  avec des  lames buttant légèrement le rang de manière à enterrer  les herbes présentes autour des pieds de maïs.image sets

Pour la protection contre les insectes, aucun produit n'est utilisé depuis une quinzaine d'année : il y a par endroits quelques manques de plants, mais rien de dramatique. La présence de haies et de bois tout autour des champs permet aux prédateurs naturels de limiter les populations à un niveau acceptable. Les canards, dans les parcs-champs, affinent cette lutte.

Le seul problème est posé par les limaces contre lesquelles des appâts sont déposés sur le rang au semis. A base de metaldéhyde, un produit peu toxique pour les vers de terre, ces appâts sont utilisés en faible quantité du fait de leur localisation sur la ligne.

La fertilisation est basée sur les déjections des canards, directement laissées au champ ou amenées de la fosse de la salle de gavage. Un autre apport important est fait par les engrais verts dans lesquels une légumineuse (trêfle, vesce) est systématiquement implantée pour sa capacité à laisser d'importants résidus azotés. Pour compléter ces apports et compenser la pauvreté de nos sols, du phosphate naturel et un peu d'engrais de synthèse sont utilisés.

image setsLa récolte est réalisée par la CUMA (coopérative d'utilisation de matériel agricole) au moyen d'un "corn-picker", c'est à dire un automoteur qui récolte le maïs en épis en les débarrassant de leurs spathes (feuilles blanches qui les enveloppent) de manière à les faire sécher plus facilement. Ces épis sont ensuite transportés au séchoir solaire construit en 2008 et qui permet à la ferme d'être autonome sur cette opération importante pour la qualité du grain.

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Les épis oubliés par la machine et les grains qui tombent au sol sont immédiatement pris en chasse par les canards présents. C'est un autre des avantages de l'imbrication de l'élevage des canards avec les champs de maïs, avec toutefois un inconvénient de taille : cela demande une attention soutenue au chauffeur pour ne pas écraser ces auxiliaires qui ne comprennent pas facilement qu'ils doivent lui libérer le passage.

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