Historique


D'hier à aujourd'hui : comment la ferme Eyhartzea a évoluée pour arriver à la situation actuelle. Eliza

Le village de Domezain est situé sur une hauteur, aux confins de la Basse Navarre et de la Soule et face au Béarn. Cette position stratégique lui a valu la présence au Moyen Age d'une place forte lorsque des tensions ont commencées à se produire entre le Pays Basque catholique et le Béarn protestant.

Lors d'une de ces batailles, l'enceinte fortifiée fut détruite, à l'exception d'une partie du donjon. C'est à partir de cette base que fut bâtie l'église actuelle, ce qui explique la constitution imposante et inhabituelle de son clocher

La ferme Eyhartzea est nichée au fond d'une petite vallée, à l'extrémité sud du village et en bordure des landes qui séparait Domezain de Larribar et Lohitzun.

La famille Berho y est implantée depuis des générations, essayant de mettre en valeur ses maigres potentiels.

Le nom Eyhartzea ("l'endroit du moulin") nous renseigne sur la première activité de la ferme : au Moyen Age, les moulins étaient des endroits stratégiques, points de passage obligatoires pour les paysans qui voulaient moudre leurs grains pour faire du pain. Les puissants de l'époque avaient vite décelé cette importance et en profitaient pour "taxer" les familles qui s'y rendaient.

La culture basque a toujours été rétive à la féodalité et à l'assujettissement. C'est d'ailleurs une des rares régions où les familles de paysans étaient libres, non soumises au servage. Une très ancienne tradition de concertation collective leur permettaient de faire contrepoids et de réfléchir aux alternatives possibles.

C'est ainsi que dans des vallées reculées, ils construisaient des moulins clandestins pour échapper aux ponctions des seigneurs. Le site d'Eyhartzea, qui aujourd'hui encore est très isolé dans sa vallée encaissée entourée de forêts, constituait certainement un bon endroit pour une telle activité. Et l'observation attentive du ruisseau permet de remarquer, en amont des bâtiments actuels, un aménagement en pierres installé sur une portion rectiligne qui semble avoir été creusée dans une courbe du cours d'eau. Ces pierres comportent des encoches de manière à y insérer des madriers en bois qui constituaient la retenue proprement dite.
L'installation devait donc être entièrement démontable pour camoufler le site en cas de risque de "contrôle officiel".